
A l'attention de :
Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'industrie et de l'Emploi
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie
Dov Zerah, directeur général de l'Agence française de développement
Mesdames les Ministres, Monsieur le Directeur général,
Les agricultures paysannes des pays du Sud représentent un réel potentiel pour lutter contre la pauvreté, améliorer la sécurité alimentaire et préserver les ressources naturelles. Il est crucial aujourd'hui de s'attaquer aux nouvelles menaces qui pèsent sur cette agriculture : le changement climatique et les acquisitions de terres à grande échelle dans les pays du Sud. A Copenhague, la France s'est engagée à octroyer 420 millions d'euros par an sur la période 2010-2012 pour lutter contre le changement climatique et soutenir l'adaptation des populations. Pour que les financements français contribuent à l'adaptation des petits producteurs, vous avez un rôle à jouer.
Afin d'aider les paysans et paysannes à faire face à ces menaces, je vous demande d'agir pour :
- que les financements consacrés à l'adaptation dans le secteur agricole soient additionnels aux engagements de l'AFD, alloués sous la forme de dons, s'intègrent pleinement aux plans d'investissement agricoles des pays du Sud et garantissent la participation de la société civile. La France doit pour cela promouvoir des mécanismes de financement innovant ;
- que ces fonds viennent soutenir les plans nationaux des états, et en particulier les dynamiques de soutien à l'agriculture paysanne et aux organisations paysannes locales.
- que l'AFD ne soutienne pas des investissements privés impliquant la prise de contrôle de grandes surfaces de terre ou de ressources naturelles. L'accès équitable à la terre pour les populations locales, et en particulier les femmes, doit être garanti.
- de réviser les traités français d'investissement afin d'inclure les nouvelles clauses contraignantes en matière de respect des droits humains et de protection de l'environnement par les investisseurs et des clauses permettant à la société civile de dénoncer juridiquement la violation desengagements de protection des droits humains et de l'environnement. Je vous demande également d'exiger l'intégration de ces mêmes clauses dans les futurs traités d'investissement européens.
Je vous prie d'agréer, Mesdames les Ministres, l'expression de ma très haute considération.
Monsieur le Président,
En septembre 2010, la communauté internationale se réunira pour évaluer les progrès accomplis
dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Sur les huit objectifs
fi xés, ceux relatifs à la santé maternelle et infantile accusent le retard le plus important, du fait
de systèmes sanitaires défaillants. Renforcer les systèmes de santé constitue donc un préalable
indispensable à l’amélioration de l’accès aux soins pour les populations.
La France doit jouer un rôle moteur dans ce combat. C’est pourquoi je vous demande :
De consacrer 0,1 % de la richesse nationale au fi nancement de la santé dans les pays en
développement ;
De soutenir, techniquement et fi nancièrement, les pays du Sud désireux d’introduire des
politiques d’accès gratuit aux soins de santé de base, en particulier pour les femmes et les enfants ;
D’aff ecter au renforcement des ressources humaines au moins 25 % de l’aide française allouée
au secteur de la santé.
À l’occasion du prochain sommet des Nations unies sur les OMD, nous vous invitons à faire de
ces recommandations les priorités d’action de la communauté internationale dans le secteur
de la santé.